Crédit immobilier : dépêchez-vous, cette clause avantageuse deviendra rare

7 décembre 2017

Méconnus des emprunteurs, les prêts transférables peuvent se révéler très intéressants en cette période de taux bas. Et pourtant, une nouvelle banque nationale vient de retirer cette option de ses offres de prêt. Explications.

Vous êtes sur le point de souscrire un crédit immobilier. Connaissez-vous la clause de transférabilité? Sans doute pas. C’est normal car peu de banques la suggèrent à leurs clients. En effet, cette option peut se révéler très avantageuse pour vous mais aussi coûteuse pour elles.

De quoi s’agit-il? Lors de l’achat d’un logement, deux solutions s’offrent à vous: la première, qui est la plus courante, consiste à rembourser votre prêt au moment de la revente et en souscrire un autre pour financer le nouveau bien, plus grand. L’autre option est moins connue du grand public: conserver son crédit en cours et le transférer sur l’acquisition de votre futur bien.

Concrètement, vous conservez les conditions financières de votre prêt initial. En période de taux bas, comme actuellement, cette clause peut donc être intéressante pour les emprunteurs dans la perspective d’une remontée plus franche des taux. Prenons l’exemple d’un couple ayant emprunté 200.000 euros sur 20 ans, à 1,5%, en 2017, pour s’acheter un logement. Sept ans plus tard (durée moyenne d’un crédit), il désire en acquérir un plus grand. Avec la clause de transférabilité, le couple peut espérer entre 10.000 et 35.000 euros d’économies sur son crédit.

Sans compter celles qu’il réalisera sur ses mensualités. Et ce n’est pas tout: «L’emprunteur peut continuer à bénéficier de l’assurance qu’il avait souscrite il y a quelques années, lorsqu’il était jeune, et qui était donc moins chère», souligne Sandrine Allonier, directrice des relations banques chez Vousfinancer. Les emprunteurs y prêtent souvent moins attention qu’au taux d’intérêt. Et pourtant, les gains réalisés peuvent atteindre plus de 10.000 euros sur la durée d’un prêt.

Du côté des banques, certaines, craignant pour leurs marges en cas de forte remontée des taux, n’hésitent pas à supprimer cette option de leurs offres de prêt. C’est le cas de la Banque Postale qui vient de la suspendre pour les crédits souscrits après le 13 décembre 2017. Avant elle, Crédit agricole Ile-de-France et Société générale avaient également décidé de ne plus offrir cet avantage. Seules BNP Paribas, les caisses régionales Caisse d’Épargne, ING ou encore Axa Bank continuent de le faire. «Elles considèrent cette option comme un vrai avantage concurrentiel et l’utilisent comme un argument commercial pour conserver ses clients. Et ce, même si elles sont conscientes du coût qu’il représente», explique Sandrine Allonier. Pensez donc à bien vérifier que les banques que vous sollicitez proposent les prêts transférables et que cette option est bien inscrite dans vos offres de prêt.

Si tel est le cas, les emprunteurs doivent, toutefois, accepter certaines conditions imposées par la banque. Ainsi, le délai entre la vente du bien immobilier et l’achat d’un autre appartement doit être inférieur à six mois. Ensuite, le logement faisant l’objet du second prêt doit posséder le même usage. Par exemple, un premier prêt pour l’achat d’une résidence principale ne peut pas être transféré sur un bien immobilier destiné à être loué. Et enfin, la valeur du nouveau logement doit être supérieure au capital restant dû à transférer.

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